Auteur/autrice : ph-cap

  • Une modernité oublieuse de nos Aînés


    « La vieillesse ne devient médiocre que lorsqu’elle prend des airs de jeunesse  »

    — Hermann Hesse, Éloge de la vieillesse

    Un monde moderne, fait d’ordinateurs de codes et d’algorithmes …

    … d’outils informatiques en tout genre, un monde numérique piloté par une pléthore d’intermédiaires aussi bien publics (de moins en moins) que privé et voilà nos séniors dépossédés encore un peu plus de leur identité, réduits à un numéro client chez leur banquier, leur assureur ou leur caisse de retraite et contraints une fois encore à demander de l’aide.

    Vous pensez sans doute qu’une fois cette génération disparue, celle-ci sera remplacée par la génération suivante, un peu plus dégrossie certainement, puis par une autre encore, presque adaptée, et enfin par « la » génération baignant dans la soupe numérique depuis son plus jeune âge, prête à toute les manipulations nécessaires et à la compréhension globale de « l’outil », pour le plus grand bonheur des Institutions et des États ? Détrompez-vous.

    Une fracture générationnelle qui devient surtout sociale.

    En réalité, la difficulté de compréhension de nos Aînés ne se limite pas qu’à la maîtrise de l’outil. Un apprentissage ne peut se concevoir que par le sens qu’on lui donne : je veux bien apprendre à utiliser un marteau si je comprends que le marteau me sert à planter un clou. Mais pour nos Aînés, quel intérêt ont-ils à s’adresser à une machine ? Quel bénéfice en retirent-ils et pourquoi apprendre à utiliser des outils qui – in fine – ne leur apportent rien de plus que ce qui fonctionnait déjà très bien :  l’écriture, les lettres, le langage… l’humain ?

    La difficulté pour eux se situe en réalité bien au-delà de la pratique ou plutôt de l’absence de pratique. Elle se situe dans le concept même de ce que l’on nomme « dématérialisation » et qui en réalité n’est pas du tout la disparition du support (de la matière) remplacé par un écran mais uniquement par la disparition de l’humain, c’est-à-dire et pour faire court, par la « déshumanisation« . Car en effet, le recours de plus en plus global à cette « dématérialisation » – en particulier administrativement parlant – n’est qu’une étape d’un processus bien plus profond qui sape le fondement même sur lequel se construit la société : la relation entre les individus. « Dématérialiser » ce n’est pas seulement rendre accessible la modernité dans nos campagnes les plus reculées, ce qui n’est que l’aspect marketing de la chose élaborée par la classe qui maîtrise « l’outil », mais c’est surtout ériger une barrière nouvelle et infranchissable entre l’individu et la collectivité : l’individu est un code (client, identifiant, numéro) la collectivité, un écran.

    Dans leur profonde incompréhension de cette nécessité administrative de n’être plus représenté que par des numéros, nos Aînés préfigurent aujourd’hui ce que finalement nous serons tous demain : un « identifié » associé d’abord à un « mot de passe » avant de ne devenir bientôt qu’une simple « identité biométrique »(1) . En somme, ils tirent bien malgré eux, la sonnette d’alarme qui nous dit qu’il est totalement illusoire de croire que maîtriser la fonction (je sais par exemple manipuler un ordinateur et faire mes courses sur internet) me permet d’exister en tant qu’individu dans cette société-là. C’est tout le contraire. C’est parce que j’ai été contraint à cette coupure de la relation avec la société au travers de ses institutions (administrations, banques, assurances, poste, commerces…) que je me suis en quelque sorte « déshumanisé » acquiesçant implicitement à la rupture de la relation directe avec mes semblables : je ne rencontre plus personne et plus personne ne me rencontre.

    En somme, plus ce « progrès-la » se développe et plus nos Aînés doivent demander de l’aide. Ils ne doivent plus seulement être aidés pour des problématiques liées au vieillissement (pathologies diverses, difficultés à se mouvoir, transports, maintien à domicile…) ils doivent également être soutenus face à ce monde numérique qui précipite encore un peu plus leur exclusion du corps social. Ce qu’ils pouvaient encore faire ou comprendre est devenu totalement inintelligible et cette incompréhension globale, les rend encore un peu  plus fragile et vulnérable à chaque nouvelle « avancée » de ce tout numérique.

    Dès lors, apporter un soutien devient essentiel (bien qu’il ne suffise pas en lui-même à éviter la disparition de l’individu au profit d’un numéro) créant ainsi une nouvelle catégorie d’aide et donc, une dépense supplémentaire pour tous ceux qui ne peuvent (ou ne veulent) être aidés par des enfants ou petits-enfants et qui doivent désormais se tourner vers des intermédiaires capables de se substituer à l’administration et à leurs agents fantômes.

    Un coût supplémentaire donc qui accentue une fois de plus les inégalités et fragilise les plus démunis.

  • Vers une « ubérisation » administrative


    « L’ubérisation est la remise en question de structures économiques traditionnelles par la mise en relation directe des clients et des prestataires, via des plateformes numériques. »

    — Vie publique, Au cœur du débat public

    Conscient de l’obligation pour chaque individu d’avoir une existence administrative et donc,

    d’avoir accès à un service dit « public » pour y rendre des comptes de citoyenneté, l’État a définitivement renoncé à ses prérogatives régaliennes et choisi de confier la gestion d’un nombre de tâches de plus en plus importantes à différents opérateurs économiques… Privés, cela va de soi.

    Certes, l’État ne peut pas tout, et l’efficience de celui-ci dans un bon nombre de domaine soulève parfois de nombreuses questions, mais celui qui a déjà eu à faire à une entreprise détentrice de ce « droit administratif délégué », sait bien que le résultat est le même : complexité des procédures dématérialisées, délais d’attente indus, absence d’interlocuteur (trice), et parfois même, numéros d’appel payants…

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  • Un site pour les « comptes oubliés »

    Un site pour les « comptes oubliés »


    Héritage, parents âgés, vieux livret A, assurance-vie à échéance, déménagement ou changement de nom… La Caisse des Dépôts et Consignations a (enfin) créée un site internet permettant de rechercher gratuitement les sommes issues d’assurances-vie et de comptes inactifs ayant été transférées en l’absence de réclamation et, le cas échéant, d’en permettre leur restitution.

    En effet, lorsque des comptes restent inactifs ou ne sont pas réclamés pendant une trop longue période, ils sont clôturés par les banques, les compagnies d’assurance et les organismes d’épargne salariale. Les sommes d’argent présentes sur ces comptes sont alors transférées à la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), dont la mission est d’en assurer la conservation, d’en rechercher les titulaires ou héritiers et d’en gérer la restitution.

    Faisant suite à la loi Eckert du 13  juin 2014, la Caisse des Dépôts et Consignations a créé le service d’intérêt général nommé Ciclade et accessible sur le site www.ciclade.fr , qui permet une démarche en trois temps :

    • recherche sur le site pour savoir si une somme d’argent est due ;
    • création d’un espace personnel pour une demande de restitution le cas échéant ;
    • traitement de la demande par la Caisse et réception de l’argent en cas de validation.

    De nombreux produits financiers sont concernés par le service Ciclade : comptes bancaires, produits d’épargne et contrats d’assurances-vie.

  • Délais de conservation des documents

    Le délai de conservation des documents varie selon leur nature.

    Les délais indiqués ci-dessous sont les délais durant lesquels vous pouvez demander un droit (remboursement par exemple) ou vous voir réclamer quelque chose (payer une amende par exemple). Ce sont des délais minimaux mais vous pouvez conserver vos documents plus longtemps.

    Type de documentDuréeA savoir
    Actes d’état civil (copies intégrales et extraits)PermanentCertaines procédures nécessitent un acte d’état civil récent.
    Avis de versement d’allocations familiales5 ansVous avez 2 ans pour agir si vous n’avez pas touché le bon montant. La Caisse d’allocations familiales a également 2 ans pour se faire rembourser un trop perçu. Ce délai passe à 5 ans en cas de fraude de votre part.
    Jugement de divorce, jugement d’adoptionPermanentEn cas de perte, une copie est fournie par le tribunal.
    Acte de reconnaissance d’un enfantPermanentLa mairie peut vous en délivrer une copie.
    Contrat de mariage (documents relatifs aux biens apportés ou acquis lors du mariage par donation ou legs)PermanentEn cas de perte du contrat de mariage, vous devez vous adresser au notaire qui l’a établi.
    Livret de famillePermanentEn cas de perte, un duplicata peut être obtenu à la mairie.
    DiplômesPermanentEn cas de perte, il n’est pas possible d’obtenir une copie de votre diplôme. Vous pourrez cependant demander une preuve de votre réussite à l’examen